Parce que l’Histoire nous le prouve

Le monde change depuis qu’il est né. Nous bénéficions de 150000 ans d’Histoire, de milliers de citations universelles, de millions de musiciens qui racontent les mêmes besoins sur toute la surface du globe. Le besoin d’amour, de justice, de partage. Les douleurs de la discrimination, de la violence, de la solitude.

Si tout est loin d’être parfait, nos aînés ont déjà largement combattus pour leurs droits et notre société peut largement trouver ses forces dans les évènements de l’histoire montrant l’engagement des citoyens en faveur de la démocratie. Croire que le changement est impossible s’oppose à la réalité historique :

La participation citoyenne en France

L’idée d’une participation des citoyens au pouvoir politique remonte au XVIIIe siècle.

En France c’est la Révolution française de 1789 qui a précipité les choses.

Il faut distinguer l’action citoyenne de la prise de décision politique.

Dans une démocratie représentative, ce n’est pas l’ensemble des citoyens qui prennent des décisions mais le corps social a la possibilité d’influencer les représentants qui exercent le pourvoir et prennent les décisions. La fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle en France sont justement des moments où beaucoup ont réfléchi à la forme que devait prendre la démocratie : démocratie directe ou représentative ?

C’est la démocratie représentative qui l’emporta en France, comme dans la plupart des pays démocratiques. Mais cela ne veut pas dire que le corps social ne peut pas s’exprimer en dehors des périodes électorales. A plusieurs reprises, depuis 1789, les citoyens ont pu s’exprimer de différentes manières et jouer ainsi le rôle d’aiguillons pour les politiques.

Les exemples les plus anciens relèvent essentiellement du rapport de force : la pression populaire pousse les élus à prendre des décisions. A partir du XXe siècle, sans disparaître, ces rapports de forces cèdent de plus en plus la place à des relations plus pacifiées (manifestations, pétitions, conventions citoyennes…)

Quelques exemples :

  • 1789 : après la prise de la Bastille, la grande peur gagne toute la France où des paysans révoltés s’attaquent aux châteaux des seigneurs. Dans l’urgence, les élus de l’Assemblée Nationale Constituante rédigent la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen puis l’abolition des privilèges.
  • 1848 : c’est le « printemps des peuples », en France et dans toute l’Europe, des mouvements populaires s’organisent contre les monarchies autoritaires voire absolues. En France des banquets républicains (la liberté de réunion politique n’existe pas l’époque) se multiplient contre la monarchie de Juillet de Louis-Philippe. La Révolution de 1848, grâce à cet élan populaire, aboutit à la Seconde République qui proclame l’abolition de l’esclavage, la mise ne place du suffrage universel masculin, le droit au travail pour tous avec la création des Ateliers Nationaux.
  • 1934-1936 : les nombreuses manifestations populaires en France contre la montée de l’extrême-droite pousse les partis de gauche à s’unir pour former le Front Populaire. Après la victoire de l’Alliance de gauche, les grèves et occupations d’usines continuent afin de faire pression sur le gouvernement nouvellement nommé par Léon Blum : la semaine de 40h, la création des congés payés entre autres sont décidées dans la foulée par ce gouvernement qui compte par ailleurs 3 femmes (qui à l’époque ne sont ni électrices, ni éligibles). L’histoire de la mobilisation des femmes pour obtenir des droits politiques est aussi un bon exemple d’action citoyenne.
  • 1968 : les manifestations étudiantes et ouvrières poussent la société à évoluer à à accorder une place plus importante aux jeunes.
  • 1971 : le manifeste des 343 est rédigé par Simone de Beauvoir et signé par 343 Françaises (dont plusieurs personnalités) qui reconnaissent s’être faites avorter alors qu’à l’époque ce geste pouvait les mener à des poursuites pénales, jusqu’à l’emprisonnement. Cet appel à la légalisation de l’IVG ouvre la voie 4 ans après à la loi Veil.

De nos jours les moyens et les canaux d’expression sont multiples. Les citoyens sont en droit et ont le devoir moral de les utiliser pour donner leur avis, voire pour faire pression sur les décideurs.

L’histoire nous montre aussi que la voix du peuple ne va pas toujours dans le sens d’un changement positif et la vigilance est de mise :

1940-1944 : les Français apportent un soutien massif (par leur engagement dans la collaboration et surtout par leur absence d’engagement) au Maréchal Pétain et au régime de Vichy.

1981 : d’après tous les sondages les Français n’auraient jamais aboli la peine de mort (auraient-ils d’ailleurs donné le droit de vote aux femmes en 1944 ?).